Le milliard d'euros de dette de la Collectivité Territoriale de Martinique fait la une, et trois montants différents circulent pour le dire. Lus dans les comptes de gestion, comparés à l'Hexagone et aux autres DROM, puis confrontés au rapport de la chambre régionale des comptes, ces chiffres changent de sens : le problème n'est pas la taille de la dette, c'est l'épargne qui doit la rembourser.
Méthode Chiffres issus des sources publiques citées, vérifiés par l'auteur. Méthode, transparence et limites en fin de note →
Le 25 septembre 2026, la chambre régionale des comptes a rendu public son rapport d'observations définitives sur la Collectivité Territoriale de Martinique, exercices 2021 et suivants, délibéré le 10 juin et présenté à l'Assemblée la veille, le 24 septembre. Le chiffre retenu partout : une dette proche du milliard d'euros, 977 M€ en 2025 selon la chambre, qui la voit franchir ce seuil en 2026. Est-ce beaucoup ? La question n'a de sens qu'en comparant. Cette note utilise les comptes de gestion tenus par la Direction générale des finances publiques pour toutes les collectivités, mis en forme par l'Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), et compare la Martinique aux deux autres collectivités uniques (Corse, Guyane), aux DROM à deux collectivités (Guadeloupe, La Réunion, en additionnant région et département) et à l'ensemble des régions et départements de l'Hexagone, hors Ville de Paris et Métropole de Lyon dont la dette est surtout communale. Les données 2025 sont déjà disponibles. Pour l'échelle de cette économie (PIB de 10,5 milliards, poids de la sphère publique, importations), voir le dossier De quoi vit la Martinique ? : les recettes de fonctionnement de la collectivité en représentent un dixième, sa dette aussi.
Un milliard, c'est énorme pour un ménage et dérisoire pour un État. Pour savoir si une dette est lourde, il faut la rapporter à ce que l'emprunteur dégage chaque année pour la rembourser. C'est le rôle de la capacité de désendettement, l'indicateur que les chambres régionales des comptes, les banques et la loi utilisent tous.
L'épargne brute, c'est ce qui reste des recettes de fonctionnement (octroi de mer, taxe sur les carburants, dotations de l'État, impôts) une fois payées les dépenses de fonctionnement (salaires, RSA et allocations, subventions, entretien, intérêts). C'est le seul argent disponible pour rembourser le capital des emprunts et financer les investissements sans emprunter davantage.
| Année | Recettes (M€) | Dépenses (M€) | dont personnel | Épargne brute | Taux d'épargne |
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L'exemple d'un ménage. Un couple doit 300 000 € sur sa maison et met de côté 20 000 € par an une fois toutes ses charges payées.
| Année | Dette | Épargne annuelle | Capacité de désendettement | Lecture |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 300 000 € | 20 000 € | 15 ans | À ce rythme, il solderait son prêt en quinze ans, moins que les vingt ans prévus : l'effort d'épargne est confortable. |
| 2 | 300 000 € | 10 000 € | 30 ans | Les charges ont augmenté, l'épargne a fondu. La dette n'a pas bougé, le ratio a doublé. |
| 3 | 330 000 € | 30 000 € | 11 ans | Il a réemprunté pour des travaux, mais son épargne est remontée. La dette est plus lourde, le ratio est meilleur. |
C'est exactement ce que montrent les comptes de la CTM : la dette monte régulièrement, mais ce sont les variations de l'épargne qui font passer le ratio de 6 ans à 25 ans, deux fois en cinq ans.
Limite de l'indicateur : il est calculé sur une seule année d'épargne, donc très sensible aux recettes ou dépenses exceptionnelles. Une année ne dit rien ; dix ans disent quelque chose.
| Territoire | Dette fin 2025 | Par habitant | En % des recettes | Épargne brute 2025 | Capacité 2024 | Capacité 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Corsecollectivité unique | 1 171 M€ | 3 288 € | 92 % | 188 M€ | 7,4 ans | 6,2 ans |
| Martiniquecollectivité unique | 1 006 M€ | 2 757 € | 97 % | 39,5 M€ | 19,7 ans | 25,5 ans |
| La Réunionrégion + département | 1 539 M€ | 1 727 € | 83 % | 234 M€ | 6,1 ans | 6,6 ans |
| Guadelouperégion + département | 590 M€ | 1 520 € | 54 % | 126 M€ | 4,2 ans | 4,7 ans |
| Hexagone12 régions + 92 départements, hors Corse, Paris et Métropole de Lyon | 69 912 M€ | 1 108 € | 70 % | 12 319 M€ | 6,5 ans | 5,7 ans |
| Guyanecollectivité unique | 220 M€ | 757 € | 45 % | 29,5 M€ | 3,0 ans | 7,5 ans |
| Mayottedépartement seul, pour mémoire | 56 M€ | 214 € | 9 % | 108 M€ | 0,5 an | 0,5 an |
Lecture : la Corse doit plus par habitant que la Martinique (3 288 € contre 2 757 €) mais rembourserait en 6 ans, parce que son épargne brute est de 188 M€ contre 39,5. La Réunion et la Guadeloupe, prises région et département ensemble, sont dans les normes hexagonales. L'explication par l'outre-mer ne tient pas : la situation est martiniquaise. La chambre régionale des comptes relève elle aussi qu'au 31 décembre 2024 l'endettement par habitant de la CTM est « le plus élevé du ressort des chambres régionales des comptes Antilles-Guyane », contre 695 € en Guyane et 1 526 € en Guadeloupe, région et département réunis (rapport 2026, p. 56). Au périmètre de cette note, l'écart avec la Guadeloupe est de 1,8 fois en 2024.
| Année | Dette (M€) | € / hab. | Recettes fonct. | Dépenses fonct. | Épargne brute | Capacité (ans) | Emprunts | Remboursés | Personnel (% recettes) |
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Lecture : la dette a augmenté de 560 à 1 006 M€ en dix ans. Deux marches s'expliquent par des opérations comptables : en 2018, 84 M€ d'emprunts du syndicat mixte du transport en commun en site propre, transférés par la Région en 2015, ont été réintégrés au budget de la CTM ; en 2016, onze prêts de l'Agence française de développement ont été renégociés et étalés sur vingt ans. Depuis 2020, la collectivité emprunte chaque année plus qu'elle ne rembourse : 125 M€ contre 47 en 2020, 132 contre 80 en 2025. La chambre compte 353 M€ d'emprunts nouveaux et 250 M€ de capital remboursé de 2021 à 2024, et des charges financières passées de 15 à 30,3 M€ (p. 48, 52). En décembre 2025, seize emprunts de l'Agence française de développement, 303,8 M€ de capital restant dû, ont été réaménagés sur vingt ans : les annuités immédiates baissent, les frais financiers augmentent de 54,5 M€ sur la durée (p. 56-57), dix ans après la renégociation de 2016. Au 31 décembre 2024, l'encours se compose de 71 emprunts, 63,4 % à taux fixe, tous classés au niveau de risque le plus faible de la charte Gissler (p. 56) ; la chambre désigne l'AFD comme « principal financeur », 53,2 %, devant la Société de financement local, 28,5 %, la Caisse d'épargne, 10,5 %, et la Caisse des dépôts, 3 %, sans préciser la base ni la date de ces parts (p. 48). Sur les dix ans, les recettes de fonctionnement ont progressé de 15 % et les dépenses de 16 % ; la part des frais de personnel dans les recettes est passée de 22,5 % à 25 %, avec un pic à 26 % en 2024. Les années où le ratio explose (2020, 2024, 2025) sont celles où l'épargne tombe sous 50 M€.
La dette ne commence pas en 2016. La collectivité unique succède au 1ᵉʳ janvier 2016 à la région et au département, qui portaient ensemble 484,8 M€ de dette fin 2015, et 520,5 M€ fin 2014. Le 559,9 M€ de 2016 n'est donc pas un point de départ mais la suite d'une trajectoire déjà engagée. Les deux périmètres ne sont pas comparables ligne à ligne : avant 2016, deux collectivités, deux budgets, deux épargnes (68,2 M€ cumulés en 2015) ; après, une seule.
Depuis la mi-septembre 2026, plusieurs chiffres circulent pour dire la dette de la collectivité, et ils ne sont pas les mêmes ; la publication du rapport le 25 septembre permet de les comparer. Aucun n'est faux : ils ne mesurent simplement pas le même périmètre. Le tableau ci-dessous les rapproche.
| Montant de dette | Ce qu'il comprend | Capacité de désendettement | Source |
|---|---|---|---|
| 977 M€ | L'encours retenu par la chambre régionale des comptes pour 2025, « montant total des emprunts contractés », sans détail de périmètre ; sa synthèse le rattache à la période 2021-2024977 094 322 €, soit 2 748 € par habitant sur 355 500 habitants (l'OFGL en retient 364 991, d'où les 2 757 € de cette note) ; pour 2021-2024, le rapport reproduit en annexe les mêmes encours que la ligne suivante | 20 ans en 2024non calculée pour 2025 | Rapport CRC 2026, p. 6, 56, 80 |
| 1 006 M€ | La dette bancaire du budget principal, comptes 1641 et 16441 : le périmètre de cette note, seul comparable d'un territoire à l'autre954,8 M€ fin 2024, montant identique à celui du rapport de la chambre (annexe 3, p. 80) | 25,5 ans | Comptes de gestion · OFGL |
| 1 044,5 M€ | Le précédent, plus les 38,3 M€ des trois budgets annexes : les comptes consolidés954,8 M€ fin 2024, les annexes n'ayant alors aucune dette | 26,2 ans | OFGL, tous budgets |
| 183 M€ | Pour mémoire : 183,2 M€ dus à la Caisse d'allocations familiales au 31 décembre 2024, acomptes du RSA et du RSO non versés entre décembre 2022 et juillet 2024. C'est une dette de fonctionnement, pas un emprunt : elle n'entre dans aucun des trois montants ci-dessus. Un protocole du 3 juin 2025 en étale 141,4 M€ de principal jusqu'à fin 2029 | hors ratio | Rapport CRC 2026, p. 29-30 |
Une capacité de 27,2 ans circule également. C'est le même calcul que la troisième ligne, avec une épargne consolidée de 38,4 M€ (la différence entre recettes et dépenses consolidées) au lieu des 39,9 M€ d'épargne brute publiés par l'observatoire. Selon le montant de dette et l'épargne retenus, le même indicateur vaut donc 25,5, 26,2 ou 27,2 ans. Les trois disent la même chose : plus de vingt-cinq ans, pour un plafond de référence de neuf ans. Le rapport de la chambre mentionne aussi un encours 2021 de 744,4 M€ (p. 56), inférieur de 105 M€ à celui des comptes de gestion qu'il reproduit en annexe (849,4 M€, p. 80), sans commenter cet écart.
La collectivité tient trois budgets annexes : l'irrigation du sud-est, le laboratoire territorial et le réseau très haut débit. Les deux premiers n'ont aucune dette. Le troisième a emprunté 39 M€ en 2025, pour 27 M€ d'investissement dans l'année, alors qu'il n'avait jamais emprunté jusque-là. Sur les 89,7 M€ dont la dette consolidée augmente en 2025, 38,3 M€, soit 43 %, financent donc le déploiement du très haut débit. C'est aussi ce qui explique que la dette progresse de 9,4 % en comptes consolidés, contre 5,4 % pour le seul budget principal.
Source : OFGL, base des régions et collectivités territoriales uniques, exercice 2025, budgets annexes « NTIC — très haut débit », « irrigation UGPISE » et « laboratoire ». Un emprunt pour un réseau n'est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle en soi : il crée un actif et une recette future si le réseau est commercialisé. Cette note constate l'écriture comptable, elle ne juge pas l'investissement.
Les dépôts au Trésor de la collectivité, c'est-à-dire son compte courant, passent de 101,6 M€ fin 2024 à 26,3 M€ fin 2025, soit une baisse de 74 %. Rapportés aux dépenses de fonctionnement, ces 26,3 M€ représentent environ dix jours, contre trente-huit un an plus tôt. De 2016 à 2024, ces dépôts ont oscillé entre 42 et 102 M€ au 31 décembre ; 2025, à 26,3 M€, est le point bas de la série, loin sous les 84 M€ de 2016. La chambre mesure la même trésorerie nette fin 2024, 101,6 M€ soit 38 jours de charges courantes, relève un fonds de roulement de 22 jours pour un seuil « généralement considéré comme correct » de 30, et 130 M€ de lignes de trésorerie mobilisées puis remboursées dans l'année (p. 58).
| Année | Dépôts au Trésor (M€) | Dépenses de fonctionnement (M€) | En jours de dépenses |
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Lecture : c'est une photographie au 31 décembre, jour où une collectivité a décaissé ses marchés de fin d'exercice ; elle ne signifie pas qu'il resterait dix jours d'argent disponible. Un journaliste avance onze jours pour l'ensemble des collectivités martiniquaises en comptes consolidés, communes comprises : le périmètre est plus large, l'ordre de grandeur est le même. Source : OFGL, agrégat « dépôts au Trésor », budget principal.
Les comptes de gestion donnent la dette et l'épargne telles qu'elles sont écrites. Le rapport de la chambre régionale des comptes, publié le 25 septembre 2026, relit les mêmes comptes et les corrige ; la collectivité lui répond. Voici ce que cette relecture ajoute, puis ce que cette note laisse volontairement de côté.
| Sujet | Ce que dit la chambre | Où |
|---|---|---|
| L'épargne, corrigée | Une fois remises dans les comptes les charges qui en manquaient, l'épargne brute 2024 devient négative (−14,6 M€) et l'épargne nette, ce qui reste une fois remboursé le capital des emprunts, tombe à −87,6 M€. La collectivité conteste une partie du calcul et aboutit à −38,3 M€. Le détail des deux calculs est ci-dessous. | p. 51réponse p. 14 |
| Capacité de désendettement | 10 ans fin 2021, 20 ans fin 2024, « indicateur signalant une non soutenabilité de la dette ». Aucune valeur pour 2025, dont les comptes n'ont pas été traités. | p. 41, 57 |
| Dette envers la CAF | 183,2 M€ d'acomptes du RSA et du RSO non versés au 31 décembre 2024 (voir « Trois montants »). La chambre demande d'inscrire le solde dans les comptes de 2026 ; la collectivité l'a fait en juin 2026, 60,7 M€, et attend l'autorisation de l'étaler sur 2026-2029. | p. 29-31réponse p. 6, 9-10, 13 |
| Délais de paiement | De 65 à 132 jours entre 2021 et 2025, pour 30 jours réglementaires et 39 en moyenne outre-mer, retards « entièrement imputables à l'ordonnateur ». S'y ajoutent 30,5 M€ de retenues de garantie non rendues aux entreprises. | p. 5, 38 |
| Investissement | De 320 M€ en 2021 à 237 M€ en 2024, un milliard en quatre ans financé pour un tiers par l'emprunt, et 1,5 Md€ d'autorisations de programme restant à financer sans plan pluriannuel jusqu'en mai 2026. | p. 37, 51-53 |
| Fiabilité des comptes | Écart de 6,99 Md€ entre l'actif du comptable et l'inventaire de la collectivité, provisions inchangées depuis 2021, huit recommandations de 2021 sur la sincérité des comptes restées sans effet. Ces lacunes ne portent pas sur l'encours d'emprunt ; selon la chambre, elles faussent la mesure de l'épargne (p. 51-52). | p. 5, 21, 32 |
| Plan de redressement | Près de 75 M€ de mesures réalisées au 30 juin 2026, pour 26,4 M€ d'effet durable sur l'épargne ; autorisation d'emprunt 2026 ramenée de 165 à 109,8 M€ ; objectif de redressement à l'horizon 2030. Un second plan, 2027-2028, a été présenté le 24 septembre. | p. 6réponse p. 9, 12 |
Les comptes de gestion donnent une épargne brute de 48,6 M€ en 2024, le chiffre même de la chambre (tableau n° 17, p. 49) ; une fois remboursé le capital des emprunts, 73 M€, il reste −24,4 M€. Le point de départ est le même pour les deux ; l'écart, 49,3 M€, tient presque entièrement à une seule ligne : la dette envers la CAF.
| Épargne 2024, M€ | Chambre | Collectivité |
|---|---|---|
| Épargne brute des comptes48,5 dans le tableau n° 18 de la chambre, 48,6 dans son tableau n° 17 | 48,5 | 48,5 |
| Dette envers la CAF retirée | −61,0 | −10,5 |
| Subventions non versées, créances | — | −1,2 |
| Titres prescrits | −2,1 | −2,1 |
| Épargne brute corrigée | −14,6 | 34,7 |
| Capital des emprunts remboursé | −73,0 | −73,0 |
| Épargne nette corrigée | −87,6 | −38,3 |
De décembre 2022 à juillet 2024, la CTM n'a pas versé à la CAF les acomptes du RSA, 183,2 M€ au total, environ 61 M€ par an ; ces charges n'étaient pas dans les comptes. La chambre remet 61 M€ dans chacune des trois années, 2024 comprise (tableau n° 18, p. 51). La collectivité répond que ses comptes de 2024 contiennent déjà 122,5 M€ de cette dette, inscrits cette année-là : retirer encore 61 M€ à 2024 reviendrait à compter deux fois la même charge. Elle ne retire que les 60,7 M€ jamais inscrits, répartis sur 2021-2024 selon leur origine, dont 10,5 M€ pour 2024, et remplace les 21,3 M€ de subventions non versées par les seules créances qu'elle reconnaît (réponse, p. 13-14). La fourchette « 38 à 88 » qui a circulé est l'écart entre ces deux calculs, pas une fourchette de la chambre. Les deux s'accordent sur l'essentiel : même selon la collectivité, l'épargne nette est négative en 2023 (−9,0 M€) et en 2024. Cette note utilise les comptes bruts, comparables entre territoires.
Le milliard n'est pas le sujet. La Corse en doit davantage par habitant et rembourserait en six ans. Ce qui distingue la Martinique de tous les territoires comparables, c'est une épargne brute tombée à 39,5 M€, qui rend la dette quatre fois plus longue à rembourser qu'ailleurs et place la collectivité seule au-delà du plafond légal de référence. La question posée par les comptes n'est pas « combien la CTM doit-elle ? » mais « pourquoi ne dégage-t-elle plus de quoi rembourser ? », et la réponse est dans l'écart entre des recettes qui progressent de 15 % en dix ans et des dépenses de fonctionnement qui progressent plus vite. La chambre parle d'une situation « critique en raison d'un déséquilibre financier structurel » et, après ses retraitements, d'une épargne nette négative depuis 2022 (p. 6, 62).
Note réalisée du 15 au 20 septembre 2026, révisée le 28 septembre après la publication du rapport de la chambre, avec un assistant d'intelligence artificielle pour la recherche des sources, la rédaction et les graphiques, sous la direction éditoriale de son auteur, qui a vérifié les chiffres à la source, relu et corrigé le texte et en assume la responsabilité. Base : les agrégats de l'OFGL (comptes des régions et collectivités uniques 2012-2025, comptes des départements consolidés), calculés à partir des balances comptables DGFiP, extraits par l'API de data.ofgl.fr. L'agrégat « encours de dette » a été recoupé à l'euro avec les comptes 1641 et 16441 des balances de la CTM sur data.economie.gouv.fr pour 2017, 2018, 2024 et 2025. Les blocs Guadeloupe et La Réunion additionnent région et département ; l'Hexagone additionne les douze régions et 92 départements, hors Corse ; la Ville de Paris (11,5 Md€ de dette, pour l'essentiel héritée de la commune) et la Métropole de Lyon (2 Md€, en partie intercommunale), présentes dans la base des départements, en sont retirées avec leur population, faute de quoi le ratio hexagonal serait de 1 251 € par habitant et 6,2 ans. L'épargne brute OFGL de la CTM a été recoupée à l'euro avec la CAF brute calculée par la chambre régionale des comptes pour 2016 à 2019 (rapport de 2021) et pour 2021 à 2024 (rapport de 2026, tableau n° 17). Population : celle retenue par l'OFGL. Ce n'est pas un document officiel.
Mondésir, Jean-Christophe. La dette de la CTM : ce que disent les comptes. Décryptaj', collection Analyse indépendante, édition 2026-09. https://decryptaj.com/dette-ctm/
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