Guadeloupe · Analyse indépendante d'après les statistiques publiques (INSEE, IEDOM, douane, URSSAF, BODACC) Millésimes 2023 à 2025 selon les sources · Comparaison avec la Martinique section par section

De quoi vit
la Guadeloupe ?

Combien d'entreprises, de quelle taille, dans quels secteurs ; ce qu'elles produisent et ce qu'elles vendent ; qui elles emploient ; combien naissent et disparaissent chaque année. Un portrait du tissu économique guadeloupéen, chiffres officiels à l'appui, avec à la fin de chaque section un tableau qui le met en regard de la Martinique et de la France entière.

Méthode Chiffres issus des sources publiques citées, vérifiés par l'auteur. Méthode, transparence et limites en fin de document →

Sommaire · 9 sections
  1. Combien d'entreprises, et lesquelles
  2. Ce que l'économie produit
  3. Les filières qui font le visage
  4. Naissances et disparitions
  5. Qui travaille où
  6. Le chômage et ce qu'il cache
  7. Une économie ouverte, surtout vers l'Hexagone
  8. Ce qu'il faut retenir
  9. À propos de ce document : qui l'a fait, et comment
01

Combien d'entreprises, et lesquelles

38 640unités légales actives au 31 décembre 2024 (41 291 établissements), contre 21 134 en 2014 : +83 % en dix ansINSEE SIDE · DS_SIDE_STOCKS_COM
75 %n'ont aucun salarié (28 935) ; 8 203 en ont de 1 à 9 ; 1 502 en ont 10 ou plusINSEE SIDE · A21 · 2024
156entreprises de 50 salariés et plus — 0,4 % du total ; les établissements de cette taille emploient 45 % des salariés (voir section 05)INSEE SIDE · 2024
26 %des unités légales relèvent du commerce, du transport et de l'hébergement-restauration (10 140), premier secteur devant les services aux entreprises (9 009, 23 %)INSEE SIDE · A10 · 2024

Le premier fait du tissu guadeloupéen est le même qu'en Martinique : une pulvérisation en structures d'une seule personne. Mais la proportion est ici celle de la France entière, et non un degré au-dessus. Le graphique ci-dessous lit le stock 2024 par tranche d'effectif salarié :

Le tissu par tranche d'effectif salarié
Unités légales actives en Guadeloupe au 31 décembre 2024 — hors agriculture, hors Saint-Martin et Saint-Barthélemy — par nombre de salariés
Voir les données
TrancheGuadeloupePartMartiniqueLa RéunionFrance

Lecture : la structure guadeloupéenne est presque celle de la France entière (75 % d'entreprises sans salarié ici, 76 % au niveau national), là où la Martinique est à 82 % et La Réunion à 74 %. La Guadeloupe compte moins d'entreprises que la Martinique (38 640 contre 48 499) mais davantage d'employeuses : 9 705 unités légales d'au moins un salarié, contre 8 605. L'écart total (−9 859) tient à un seul bloc, les micro-structures classées en services administratifs et de soutien, quinze mille de plus en Martinique.

Par forme juridique et par secteur

Entrepreneurs individuelsdont micro-entrepreneurs — 47 % du total18 258
SASforme en forte progression8 979
SARLforme classique des TPE8 027
Autres formesSCI, associations, holdings… — 9 %3 376
Commerce, transport, hébergementrestauration comprise10 140
Services aux entreprisesactivités spécialisées, admin. et soutien9 009
Administration, enseignement, santéy compris professions libérales de santé5 461
ConstructionBTP4 060
Industriemanufacture, énergie, eau, déchets3 039
Autres servicesarts, sports, services personnels2 823
Immobilieragences, promotion, location2 350
Finance et assurancey compris holdings financières918
Information et communicationnumérique, médias840

Deux remarques. ① Le bloc « autres formes juridiques » (3 376, soit 9 %) est ici dans la norme, alors qu'il atteint 40 % en Martinique (19 374) : la Guadeloupe n'a pas l'excédent de sociétés patrimoniales qui gonfle le stock martiniquais. ② Dans les services aux entreprises, le sous-secteur « activités de services administratifs et de soutien » compte 5 487 unités légales, contre 20 938 en Martinique. Compter les entreprises ne dit pas grand-chose de l'activité réelle : c'est l'objet des sections suivantes. Périmètre : sauf mention contraire, « Guadeloupe » désigne dans ce document le département (971) sans Saint-Martin ni Saint-Barthélemy, collectivités distinctes depuis 2007. Deux exceptions signalées à chaque fois : les comptes régionaux de l'INSEE (PIB, valeur ajoutée, emploi total), diffusés « y compris Saint-Martin », et les annonces du BODACC, dont le département 971 inclut les îles du Nord.

Trois autres façons de compter

20 820entreprises du champ marchand non agricole et non financier, hors micro-entrepreneurs fiscaux (dont 12 720 non employeuses et 8 100 employeuses)INSEE ESANE · 2023
1 584établissements artisanaux employeurs au 1ᵉʳ avril 2022 (construction 43 %, industrie 24 %) ; le nombre d'entreprises inscrites au répertoire des métiers n'est pas publié en ligne par la chambre de métiers, à la différence de la Martinique (11 552)INSEE SIRENE · VIA IEDOM RA 2025
7 254exploitations agricoles, contre 7 804 en 2010 (−7 %) ; 31 836 ha de surface agricole, 6 440 équivalents temps pleinAGRESTE · RECENSEMENT 2020

En regard

IndicateurGuadeloupeMartiniqueFranceSource
Unités légales actives fin 202438 64048 4995 987 885INSEE SIDE, stocks 2024
Évolution du stock 2014-2024+83 %+74 %—INSEE SIDE, calcul
Part sans salarié75 %82 %76 %INSEE SIDE A21, 2024
Entreprises d'au moins un salarié9 7058 6051 424 962INSEE SIDE A21, 2024
Entreprises de 50 salariés et plus15618843 857INSEE SIDE A21, 2024
Part des « autres formes juridiques »9 %40 %—INSEE SIDE A21, 2024
Entreprises du champ Esane 202320 82033 790—INSEE Flash n°225 et n°224
Exploitations agricoles 20207 2542 679—Agreste, recensement agricole 2020
02

Ce que l'économie produit

11,9 Md€de produit intérieur brut en 2024 (provisoire), contre 9,4 Md€ en 2015 — y compris Saint-MartinINSEE COMPTES RÉGIONAUX · BASE 2020 · FRY1
29 099 €de PIB par habitant en 2024 : 68 % de la moyenne nationale (42 579 €), au-dessus de La Réunion (27 539 €), juste sous la Martinique (29 866 €) — y compris Saint-MartinINSEE COMPTES RÉGIONAUX
+5,7 %de croissance en volume entre 2015 et 2024 (9,77 → 10,33 Md€ en euros constants), pour +26 % en valeur : près des trois quarts de la hausse nominale tiennent aux prixINSEE · PRIX CHAÎNÉS · CALCUL
−3,7 %d'habitants entre 2015 et 2025 (397 990 → 383 187, Guadeloupe hors îles du Nord) : la baisse est nettement moins forte qu'en Martinique (−5,6 % sur la même source)INSEE · ESTIMATIONS DE POPULATION
Le PIB guadeloupéen, 2000-2024
Produit intérieur brut en millions d'euros courants, Guadeloupe y compris Saint-Martin — 2022 à 2024 provisoires. Le PIB par habitant de cette série subit une rupture en 2017, année où l'INSEE ajoute la population de Saint-Martin : ne pas le lire en évolution
Voir les données
AnnéePIB (M€)PIB / habitant (€) — rupture 2017

Lecture : les mêmes deux décrochages qu'en Martinique, 2009 (crise financière et grève générale) et 2020 (covid), puis un rattrapage porté par l'inflation de 2022-2023. Pour 2025, les comptes rapides du Cerom (périmètre hors Saint-Martin, non comparable à la série ci-dessus) donnent 11,3 Md€ et une croissance en volume de −0,5 %, après +1,7 % en 2024 : selon l'INSEE, « la conjoncture économique se dégrade en Guadeloupe » en 2025.

Qui produit la richesse : la valeur ajoutée par branche

Le PIB se décompose en valeur ajoutée par grande branche. Le graphique ci-dessous montre une économie de services à 83 %, où la sphère publique et parapublique (administration, enseignement, santé, action sociale) pèse 37 %, autant qu'en Martinique. La différence est dans ce qui reste : l'industrie compte un point de plus qu'en Martinique (10,5 % contre 9,4 %), sucre, rhum, agroalimentaire et énergie, sans raffinerie, et l'agriculture un peu moins (1,8 % contre 2,5 %), malgré près de trois fois plus d'exploitations (7 254 contre 2 679). La Guadeloupe transforme un peu plus, cultive un peu moins en valeur, et vit pour le reste du même équilibre entre services publics et services marchands :

Valeur ajoutée par branche, 2024
Part de chaque branche dans la valeur ajoutée totale (10 901 M€, provisoire, y compris Saint-Martin)
Voir les données
BrancheVA 2024 (M€)Part

Ce que vendent les entreprises : 15 milliards de chiffre d'affaires

15,0 Md€de chiffre d'affaires cumulé en 2023 pour les 20 820 entreprises du champ marchand (hors agriculture, finance et micro-entrepreneurs)INSEE FLASH GUADELOUPE N°225 · ESANE 2023
46 %de ce chiffre d'affaires est réalisé par le commerce (6,85 Md€) : la Guadeloupe vend surtout ce qu'elle achète, mais un peu moins que la Martinique (54 %)INSEE ESANE 2023
3,7 Md€de valeur ajoutée pour ces entreprises, dont 65 % versés en charges de personnel (2,42 Md€) — taux de marge 32,3 %INSEE ESANE 2023
49 720salariés en équivalent temps plein dans ce champ : environ quatre salariés sur dix, le reste étant public, associatif, agricole ou financierINSEE ESANE 2023

Le chiffre d'affaires additionne les ventes de chaque entreprise, y compris entre elles : un même produit importé, vendu par un grossiste puis par un détaillant, compte deux fois. C'est pourquoi le CA (15,0 Md€) dépasse le PIB (11,9 Md€). La valeur ajoutée, elle, ne compte que ce que l'entreprise apporte. Ratios sectoriels 2023 : taux de marge de 39 % dans l'industrie, 32 % dans la construction, 30 % dans le commerce, 32 % dans les services — l'industrie guadeloupéenne dégage la marge la plus élevée, l'inverse de la Martinique. Ce champ retient les unités légales dont le siège est en Guadeloupe : il inclut donc les 770 filiales de groupes dont le centre de décision est extérieur (4,05 Md€ de chiffre d'affaires), mais exclut les 310 filiales de groupes guadeloupéens implantées hors de l'archipel (3,74 Md€).

En regard

IndicateurGuadeloupeMartiniqueFranceSource
PIB 2024 (provisoire)11,9 Md€10,5 Md€2 919 Md€INSEE comptes régionaux base 2020 (Guadeloupe y c. Saint-Martin)
PIB par habitant 202429 099 €29 866 €42 579 €INSEE comptes régionaux
Croissance en volume 2015-2024+5,7 %+2 %—INSEE comptes régionaux, prix chaînés, calcul
Population 2015 → 2025−3,7 %−5,6 %+3,7 %INSEE estimations de population, même source pour les trois colonnes (le dossier Martinique publie −7 % sur les comptes régionaux 2015-2024)
Part des services dans la valeur ajoutée83,4 %84 %79,3 %INSEE comptes régionaux 2024
Part de l'administration, enseignement, santé, action sociale37,3 %37 %21,6 %INSEE comptes régionaux 2024
Part de l'industrie dans la valeur ajoutée10,5 %9,4 %13,7 %INSEE comptes régionaux 2024
Part de l'agriculture dans la valeur ajoutée1,8 %2,5 %1,5 %INSEE comptes régionaux 2024
Chiffre d'affaires du champ marchand 202315,0 Md€16,6 Md€—INSEE Esane 2023, Flash n°225 et n°224
Taux de marge du champ marchand 202332,3 %32,5 %—INSEE Esane 2023, Flash n°225 et n°224
03

Les filières qui font le visage

La Guadeloupe est un archipel, et ses filières se lisent sur la carte : la canne sur la Grande-Terre et à Marie-Galante, avec la dernière sucrerie de la Guadeloupe continentale, à Gardel au Moule, une seconde subsistant à Marie-Galante, et les distilleries ; la banane sur les pentes du sud de la Basse-Terre ; le tourisme sur le littoral sud de la Grande-Terre et dans les dépendances, les Saintes, la Désirade, Marie-Galante ; le bâtiment et la grande distribution partout, concentrés dans l'agglomération pointoise et la zone de Jarry, que l'IEDOM présente comme la troisième zone industrielle de France (330 hectares, 737 établissements industriels en 2020). Leur poids réel dans la valeur ajoutée et l'emploi est plus modeste que leur poids symbolique, mais ce sont elles qui exportent et qui font l'image de l'île. Deux différences avec la Martinique : la Guadeloupe n'a pas de raffinerie, ses exportations pétrolières sont des réexpéditions ; et sa filière canne est d'abord sucrière, là où la Martinique est d'abord rhumière. L'énergie, elle, repose sur des centrales thermiques et sur des ressources locales, bagasse, géothermie de Bouillante, soleil et vent.

Agriculture · industrie · export

Canne, sucre et rhum

409 502 t
de cannes broyées en 2024 (−25 %, plus bas historique), pour 19 575 t de sucre (−46 %, plus bas depuis vingt ans ; 61 084 t en 2015) dans deux sucreries, au Moule et à Marie-Galante
65 954 HAP
hectolitres d'alcool pur de rhum produits en 2024 (−31 %), pour moitié du rhum industriel (93 % d'agricole en Martinique) ; 82 % des exportations de rhum partent vers l'Hexagone
12 160 ha
de canne (2023), 39 % de la surface cultivée ; contingent fiscal de 54 008 HAP à fiscalité réduite dans l'Hexagone
GARDEL · SRMG · DOUANE · AGRESTE · VIA IEDOM RA 2025
Agriculture · export

Banane

54 964 t
exportées en 2024 (+2,1 %), sur 58 300 t produites ; 56 164 t en 2025 selon la douane (+2,2 %), contre 62 233 t en 2015
6,6 %
de la surface agricole utile, contre 24,6 % en Martinique : la Guadeloupe exporte 2,4 fois moins de bananes que sa voisine
0,75 €/kg
prix à quai moyen en 2024 ; une filière qui, selon l'IEDOM, « traverse encore aujourd'hui une crise face à la concurrence internationale »
DAAF · FRANCEAGRIMER · DOUANE · VIA IEDOM RA 2025
Services · visiteurs

Tourisme

750 350
touristes arrivés par avion en 2025 (+4 %), pour 766,9 M€ de dépenses ; 336 272 croisiéristes (+3,1 %) ; 2,1 millions de passagers à l'aéroport
52 hôtels
et 3 005 chambres au 1ᵉʳ janvier 2026 (49 et 2 791 en Martinique) ; 1 159 000 nuitées hôtelières en 2025 (−9,5 %), taux d'occupation 58 %
6 100
salariés dans l'hébergement-restauration fin 2025, soit 4,8 % de l'emploi salarié ; aucune mesure officielle de l'emploi touristique total n'a été trouvée pour la Guadeloupe
OBSERVATOIRE RÉGIONAL · PORT CARAÏBES · INSEE CONJONCTURE N°39 · IEDOM
Industrie · énergie

Électricité et carburants

583 MW
de puissance installée fin 2024, pour 1 655 GWh produits en 2025 ; en 2024, la centrale au fioul de Jarry assurait la moitié de la production, Albioma au Moule 15 %, la géothermie de Bouillante 3 %
29,5 %
d'électricité renouvelable en 2024 (17,8 % en 2015), dans un archipel non interconnecté ; taux de dépendance énergétique 86,4 %
700 441 t
de produits pétroliers importés en 2024, déjà raffinés : sans raffinerie, la Guadeloupe n'exporte de produits pétroliers que par réexpédition (voir section 07)
OREC · EDF · VIA IEDOM RA 2025
Construction

BTP

6 800
salariés fin 2025 (−5,2 %, près de la moitié du recul de l'emploi salarié de l'année) ; 4 060 entreprises, 4,3 % de la valeur ajoutée
−9,8 %
de chiffre d'affaires en 2025, ciment −6,2 %, permis de construire −21,3 %, appels d'offres publics −14,9 % : un secteur « fortement dépendant de la commande publique », en baisse depuis 2022 selon l'IEDOM
3,1 %
des encours de crédit aux entreprises fin 2025
INSEE CONJONCTURE N°39 · DRFIP · CERC · VIA IEDOM RA 2025
Commerce

Grande distribution et automobile

4 + 18
hypermarchés (23 746 m²) et supermarchés de plus de 1 000 m² (22 116 m²) ; aucune part de marché par groupe n'est publiée par un organisme officiel
12 258
voitures neuves immatriculées en 2025 (−12,2 %) ; prix moyen passé de 19 000 à 27 000 € entre 2019 et 2025 selon l'IEDOM
6,85 Md€
de chiffre d'affaires pour l'ensemble du commerce en 2023, 46 % du total marchand ; 17 084 salariés fin 2025 (13,3 % de l'emploi salarié)
IEDOM RA 2025 · INSEE ESANE 2023

Lecture : agriculture et industrie réunies font 12 % de la valeur ajoutée (1,8 % + 10,5 %), mais le sucre, le rhum, la banane et les produits pétroliers réexpédiés forment l'essentiel de ce que la Guadeloupe exporte. À l'inverse, le commerce, le transport et l'hébergement ne pèsent que 18 % de la valeur ajoutée pour 46 % du chiffre d'affaires : c'est le secteur qui brasse le plus d'argent, pas celui qui en crée le plus. Deux chiffres écartés : le « 7,8 % du PIB » du tourisme cité par l'IEDOM vient d'une estimation privée (WTTC), pas de l'INSEE, et le nombre de planteurs de banane n'a pas été trouvé. La pêche, absente du portrait martiniquais, débarque 2 372 t (21,8 M€, 2023) pour une consommation estimée à 11 000 t.

En regard

IndicateurGuadeloupeMartiniqueSource
Bananes exportées en 202454 964 t133 372 tDAAF, FranceAgrimer, via IEDOM RA 2024 et 2025
Rhum produit en 202465 954 HAP94 561 HAPDouane, via IEDOM RA 2024 et 2025
Contingent fiscal de rhum54 008 HAP68 824 HAPIEDOM RA 2025 et 2024
Hôtels au 1ᵉʳ janvier 20265249INSEE, via IEDOM RA 2025
Chambres d'hôtel au 1ᵉʳ janvier 20263 0052 791INSEE, via IEDOM RA 2025
Croisiéristes 2025336 272—Port Caraïbes (Guadeloupe) ; IEDOM Martinique (variation seule publiée)
Salariés de la construction (Guadeloupe fin 2025 ; Martinique fin 2024)6 8006 013INSEE Conjoncture n°39 ; IEDOM RA 2024 Martinique
Hypermarchés + supermarchés4 + 187 + 42IEDOM RA 2025 et 2024 (seuils de surface différents selon l'agence)
Agriculture + industrie dans la valeur ajoutée12,3 %11,9 %INSEE comptes régionaux 2024
04

Naissances et disparitions

9 147créations d'entreprises en 2025 (+11,8 %), après 8 178 en 2024 : un record, au terme de cinq années de hausse continueINSEE · CRÉATIONS D'ENTREPRISES
55 %des créations 2025 sont des micro-entrepreneurs (5 059, +9,1 %) ; c'est 41 % en Martinique et 65 % en FranceINSEE · CRÉATIONS PAR CATÉGORIE JURIDIQUE
497défaillances (redressements et liquidations) en 2025, +44 %, contre 258 en 2022 : presque un doublement en trois ansIEDOM RA 2025 · BASE FIBEN
64,5 %des entreprises créées en 2014 étaient encore actives cinq ans plus tard : au-dessus de la moyenne nationale (62,5 %), derrière la Martinique (72,8 %)INSEE SINE · VIA INSEE ANALYSES MARTINIQUE N°57
Créations d'entreprises, 2012-2025
Nombre de créations par an en Guadeloupe — micro-entrepreneurs distingués des autres formes (sociétés, entreprises individuelles classiques, autres)
Micro-entrepreneursAutres créations
Voir les données
AnnéeMicroSASSARLEI hors microAutresTotal

Lecture : la Guadeloupe n'a pas connu le pic de 2022 puis le reflux martiniquais : la progression est continue depuis 2020 (5 605 → 9 147), portée par les micro-entrepreneurs (× 2,7 entre 2019 et 2025). Le bloc « autres formes » reste dans la norme (547, soit 6 % des créations, contre 26 % en Martinique et 1,6 % en France). Même tendance de fond qu'ailleurs : la SAS a supplanté la SARL comme forme de société dès 2015 (1 956 contre 900 en 2025 ; 153 contre 1 094 en 2012).

Défaillances et procédures collectives, 2019-2025
Colonnes : annonces BODACC d'ouverture de liquidation ou de redressement judiciaire pour le département 971 entier, îles du Nord incluses (comptage par date de parution) ; le tableau donne aussi le comptage hors Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Points : défaillances en unités légales publiées par l'IEDOM (base FIBEN, cumul 12 mois à décembre, valeurs révisées), disponibles à partir de 2022
Annonces BODACC (LJ + RJ), 971 entierDéfaillances IEDOM / FIBEN
Voir les données
AnnéeOuvertures LJOuvertures RJLJ + RJ (971 entier)dont hors îles du NordDéfaillances IEDOMRadiations (annonces, 971 entier)

Lecture : les deux sources concordent (510 annonces contre 497 défaillances en 2025, 308 contre 345 en 2024) et racontent la même histoire — un creux en 2020-2021, sous perfusion des aides covid et des prêts garantis, puis une remontée continue : +93 % de défaillances entre 2022 et 2025, plus vite qu'en Martinique (+75 %) et qu'en France entière (+66 %). Les secteurs moteurs de 2025 sont, selon la note IEOM du quatrième trimestre, les activités techniques et de services administratifs, la construction et le commerce (95 défaillances, 19 %). Sur douze mois à fin juin 2026, le cumul atteint 543 (+29 %). Deux précautions : les chiffres de défaillances sont révisés à la hausse pendant plusieurs mois, le temps que les jugements tardifs soient enregistrés ; et le comptage BODACC du 971 inclut les îles du Nord (46 ouvertures en 2025), ce qui le rapproche de la statistique de l'IEDOM, dont l'agence couvre aussi Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Le solde : beaucoup plus de naissances que de morts

Avec 9 147 créations pour 497 défaillances, le ratio est de 18 créations pour une défaillance (16 en Martinique, 17 en France). Mais la défaillance n'est pas la seule sortie : la plupart des entreprises ferment sans procédure judiciaire, par simple cessation. Le BODACC recense 1 214 annonces de radiation en 2025 dans le département entier (935 hors îles du Nord), un niveau très inférieur au pic de 1 762 en 2019, et en repli continu depuis 2022 — sans la vague de radiations d'office qu'a connue la Martinique en 2021. Le taux de survie de 64,5 % porte sur la cohorte 2014 et exclut les micro-entrepreneurs : il ne dit rien des créations récentes, dominées par ce statut. Le stock progresse néanmoins nettement : +2 343 unités légales en 2024, +2 393 en 2023.

En regard

IndicateurGuadeloupeMartiniqueFranceSource
Créations d'entreprises 20259 1478 1041 165 795INSEE, créations par catégorie juridique
Part des micro-entrepreneurs55 %41 %65 %INSEE, 2025
Créations 2012 → 2025+82 %+65 %+105 %INSEE, calcul
Défaillances 202549751868 564IEDOM RA 2025 (FIBEN) ; Banque de France
Défaillances 2022 → 2025+93 %+75 %+66 %IEDOM, Banque de France, calcul
Annonces BODACC LJ + RJ 2025510516—BODACC, département entier (971 îles du Nord incluses)
Créations pour une défaillance181617Calcul
Survie à cinq ans, cohorte 201464,5 %72,8 %62,5 %INSEE Sine, figure 2 de l'Insee Analyses Martinique n°57
05

Qui travaille où

150 800emplois en 2024 (provisoire, y compris Saint-Martin) : 128 900 salariés et 21 900 non-salariés ; les salariés étaient 117 600 en 2015 (+9,6 %)INSEE COMPTES RÉGIONAUX · EMP · FRY1
42 %des salariés travaillent dans l'administration, l'enseignement, la santé et l'action sociale (53 988 sur 127 418) — la même part qu'en Martinique, au dixième prèsINSEE FLORES · 2024
38 600agents des trois fonctions publiques fin 2023 (État 41 %, territoriale 39 %, hospitalière 20 %) : environ 100 agents pour 1 000 habitants, contre 81 en France hors Mayotte par le même calculINSEE SIASP · TCRD_052 · CALCUL
2 361 €de salaire net mensuel moyen en équivalent temps plein dans le secteur privé (2023) ; 2 386 € en MartiniqueINSEE · BASE TOUS SALARIÉS
L'emploi salarié par secteur, fin 2024
Postes salariés au 31 décembre dans les établissements employeurs de Guadeloupe (127 418 postes, public compris, hors défense et particuliers employeurs, hors îles du Nord)
Voir les données
SecteurSalariésPart

Lecture : 45 % des salariés (57 572 postes sur 127 418) travaillent dans les 364 établissements de 50 salariés et plus, et un sur sept dans les 15 établissements de 500 salariés et plus (17 316) — hôpitaux, collectivités, rectorat, grands groupes. Les gros employeurs sont d'abord publics : 198 établissements de 50 salariés et plus de l'administration, de l'enseignement, de la santé et du social portent 39 980 postes, soit 69 % de tous les postes des grands établissements. À l'autre bout, les 7 831 établissements de 1 à 4 salariés emploient 15 263 personnes, soit 12 %. Le tissu est donc bipolaire, comme en Martinique. Selon l'INSEE, 31,6 % des postes salariés relèvent d'employeurs de la fonction publique (40 238 fin 2024) ; l'emploi privé représente plus des deux tiers du salariat (87 180 postes) et recule en 2025 (−0,7 %), comme le public (−0,5 %).

Combien d'emplois vivent de la sphère publique ?

La question posée par un lecteur du portrait martiniquais vaut pour la Guadeloupe : au-delà des fonctionnaires, quelle part des emplois répond à des missions de service public ou vit de fonds publics ? La statistique publique compte des employeurs et des secteurs, pas des sources de financement. On peut néanmoins emboîter trois périmètres, du plus strict au plus large, avec la même méthode que pour la Martinique.

Périmètre (fin 2024)GuadeloupeMartiniqueFranceCe qu'il contient
Employeurs de la fonction publique31,6 %32 %22 %40 238 postes salariés chez l'État, les collectivités et les hôpitaux publics, enseignants du privé sous contrat compris (payés par l'État)
Administration, enseignement, santé, action sociale, tous employeurs42,4 %42 %32 %53 988 postes : environ 39 300 chez des employeurs publics et environ 14 700 salariés du privé (cliniques, aide à domicile, crèches, associations médico-sociales), dont 6 689 dans l'économie sociale et solidaire
Emplois financés par la sphère publique, quel que soit le statut (estimation)47 à 49 %43 à 49 %non calculéles précédents, plus les 3 231 professionnels de santé libéraux conventionnés (environ 524 M€ d'honoraires, assurance maladie), les 1 174 salariés des pharmacies, les associations subventionnées hors santé-social et une part du BTP vivant de la commande publique

Lecture : sources Insee Flores 2024 (sphère économique et section OQ, Guadeloupe, Martinique et France), Urssaf (salariés du privé et de l'ESS par secteur, 2024), Cnam (professionnels de santé libéraux conventionnés, 2024), Dares (contrats aidés). Le troisième périmètre est une estimation, rapportée aux postes salariés et aux libéraux (130 649) ; elle repose sur deux hypothèses explicites, la part des associations hors santé-social qui dépend de subventions (50 à 100 % de 2 528 salariés) et la part du BTP qui dépend des marchés publics (30 à 50 % de 7 123 postes, non mesurée : l'IEDOM constate une commande publique « en baisse depuis 2022 » sans en publier le montant). Rapportée à l'emploi total des comptes régionaux, qui inclut les non-salariés et Saint-Martin, la fourchette descend à 42-44 %. Rien n'est additionné deux fois : l'ESS de la santé et du social (11 111 salariés dans l'ESS au total, 12,9 % du privé) et les 2 200 contrats aidés de fin 2024 (17 pour 1 000 emplois salariés, contre 27 en Martinique) sont déjà dans les deux premiers périmètres. Ce qui reste hors de portée : la part de financement public de chaque emploi privé, les salariés des particuliers employeurs, et le nombre d'enseignants du privé sous contrat, que les sources guadeloupéennes ne distinguent pas du hors contrat. Retenir : un salarié sur trois est public par statut, un peu plus de deux sur cinq travaillent dans le non-marchand, et près d'un emploi sur deux vit, directement ou non, de fonds publics — les mêmes ordres de grandeur qu'en Martinique, contre environ un sur cinq et un sur trois en France pour les deux premiers périmètres.

La montée du travail indépendant

Auto-entrepreneurs en Guadeloupe, 2019-2024
Comptes cotisants au 31 décembre, hors agriculture — « économiquement actifs » = ayant déclaré un chiffre d'affaires positif dans l'année
Administrativement actifsÉconomiquement actifs
Voir les données
AnnéeAdministrativement actifsÉconomiquement actifsPart active

Lecture : le nombre d'auto-entrepreneurs a été multiplié par cinq en cinq ans (2 927 → 15 512), davantage qu'en Martinique (× 4), mais seuls 61 % d'entre eux ont déclaré un chiffre d'affaires en 2024. Ils s'ajoutent à 15 323 travailleurs indépendants classiques (la chute de 17 902 à 14 801 entre 2019 et 2020 est un changement de champ de l'Urssaf, pas une disparition). Côté employeurs privés, l'URSSAF compte 11 935 établissements fin 2025 (11 894 un an plus tôt) pour 86 371 salariés ; 84 % de ces établissements ont moins de 10 salariés.

En regard

IndicateurGuadeloupeMartiniqueFranceSource
Emploi total 2024 (comptes régionaux)150 800151 50030 623 300INSEE comptes régionaux (Guadeloupe y c. Saint-Martin)
Postes salariés fin 2024 (Flores)127 418130 58026 604 745INSEE Flores 2024
Part de l'administration, enseignement, santé, action sociale42,4 %42,4 %32,3 %INSEE Flores A17, 2024
Part des employeurs de la fonction publique31,6 %32,2 %22,4 %INSEE Flores, sphère économique, 2024
Part des postes dans les établissements de 50 salariés et plus45 %48 %—INSEE Flores, tranches de taille, 2024
Agents publics pour 1 000 habitants (Guadeloupe 2023 ; Martinique 2022, autre méthode)≈ 10010874 à 81INSEE Siasp TCRD_052 et estimations de population (Guadeloupe, France) ; CDG Martinique, tel que publié
Salaire net mensuel moyen ETP du privé, 20232 361 €2 386 €—INSEE, base Tous salariés
Auto-entrepreneurs fin 202415 51210 865—Urssaf, travailleurs indépendants par département
Part des auto-entrepreneurs déclarant un chiffre d'affaires61 %64 %—Urssaf, travailleurs indépendants par département
Part de l'ESS dans l'emploi privé12,9 %14,8 %11,1 %Urssaf, ESS 2024
06

Le chômage et ce qu'il cache

16,4 %de taux de chômage en 2025 (moyenne annuelle, 17,0 % au quatrième trimestre) ; 7,4 % dans l'HexagoneINSEE · TAUX DE CHÔMAGE LOCALISÉ
28 %des actifs de moins de 30 ans sont au chômage (enquête emploi 2025) — un périmètre plus large que les « 15-29 ans » du portrait martiniquais (33 %)INSEE ENQUÊTE EMPLOI · VIA IEDOM RA 2025
23,9 → 16,4 %la baisse de 2014 à 2025 a eu lieu pendant que la population reculait (−3,7 %) ; mais l'emploi recensé a aussi progressé (+4 300 actifs occupés entre 2017 et 2023) : la baisse n'est qu'en partie démographiqueINSEE · RECENSEMENT · CALCUL
34 %de la population vit sous le seuil de pauvreté national (60 % du niveau de vie médian de l'Hexagone), contre 14 % en France ; niveau de vie médian de 1 310 € par moisINSEE PREMIÈRE N°1804 · 2017
Taux de chômage, 2014-2025
Taux de chômage localisé de la Guadeloupe, moyenne annuelle des trimestres (séries révisées en septembre 2026) — repère : Hexagone 2025
GuadeloupeHexagone 2025 (7,4 %)
Voir les données
AnnéeTaux (%)

Lecture : le taux a perdu sept points et demi en onze ans, avec un rebond en 2022-2023 puis un léger reflux. Il reste le plus élevé des Antilles (Martinique 13,4 %) et proche de la Guyane (16,8 %) et de La Réunion (16,2 %) en moyenne 2025. La démographie explique moins qu'en Martinique : la Guadeloupe perd moins d'habitants (−3,7 % contre −5,6 % en dix ans sur la même source) et reste plus jeune (26,5 % de moins de 25 ans au 1ᵉʳ janvier 2025 contre 24,6 % ; 24,2 % de 65 ans et plus contre 25,8 %), mais elle vieillit vite (16,4 % de 65 ans et plus en 2015) et ses jeunes partent : en 2021, environ 1 600 départs de 18-24 ans pour 800 arrivées. Ce que le taux ne montre pas : un taux d'emploi des 15-64 ans de 54 % (69 % dans l'Hexagone), un « halo » autour du chômage de 9 % des 15-64 ans (deux fois l'Hexagone) et 21 % de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (12 % au niveau national), selon l'enquête emploi 2024 citée par l'IEDOM. Deux mesures coexistent : le taux localisé ci-dessus (16,4 %) et l'enquête emploi annuelle (16,6 %, arrondi à 17 % par l'Insee Conjoncture) ; chaque chiffre porte sa source.

En regard

IndicateurGuadeloupeMartiniqueFranceSource
Taux de chômage 2025, moyenne annuelle (France : Hexagone)16,4 %13,4 %7,4 %INSEE, taux de chômage localisé, calcul des moyennes
Taux de chômage 2014 (France : Hexagone)23,9 %19,5 %9,9 %INSEE, taux de chômage localisé
Chômage des jeunes actifs (moins de 30 ans en Guadeloupe ; 15-29 ans en Martinique)28 %33 %—INSEE enquête emploi 2025, via IEDOM (périmètres différents)
Population sous le seuil de pauvreté national (2017)34 %33 %14 %INSEE Première n°1804
Niveau de vie médian mensuel (2017)1 310 €1 360 €—INSEE Première n°1804
Habitants 2015 → 2025−3,7 %−5,6 %+3,7 %INSEE estimations de population (le dossier Martinique publie −7 % sur les comptes régionaux 2015-2024)
65 ans et plus au 1ᵉʳ janvier 202524,2 %25,8 %21,9 %INSEE estimations de population
Moins de 25 ans au 1ᵉʳ janvier 202526,5 %24,6 %28,5 %INSEE estimations de population
07

Une économie ouverte, surtout vers l'Hexagone

Commerce extérieur de biens, 2025
Tous partenaires, Hexagone et autres DROM compris — statistiques douanières reprises par l'INSEE
Importations−0,7 % sur un an
3 901 M€
Exportations−12,6 % sur un an
330 M€
Solde commercial · taux de couverture 8,5 %−3 571 M€
60 %des importations viennent de l'Hexagone, qui reçoit 48 % des exportations (159 M€ sur 330)INSEE CONJONCTURE N°39 · DOUANE 2025
36 %des exportations partent vers la Guyane (29 %) et la Martinique (7 %) — produits pétroliers réexpédiés surtout ; la Caraïbe ACP n'en reçoit que 0,8 %INSEE CONJONCTURE N°39
1,39 Md€d'importations depuis l'étranger seulement (hors Hexagone et DROM) en 2025, dominées par les carburants déjà raffinés (40 %, États-Unis en tête) et l'automobile ; 49 M€ d'exportations vers l'étranger, dont 13 M€ vers Saint-BarthélemyDGDDI · BASE RÉGIONALE 2025

Lecture : la Guadeloupe importe près de douze fois plus qu'elle n'exporte, contre huit fois en Martinique. Ses exportations de poids — produits pétroliers réexpédiés (30 %), denrées alimentaires et boissons dont le sucre et le rhum (19 %), produits agricoles dont la banane (15 %) — partent essentiellement vers l'Hexagone et les DROM voisins : la banane et le rhum n'apparaissent presque pas dans les échanges avec l'étranger. Précaution de lecture : le texte de l'Insee Conjoncture écrit « 28 % » pour la part de l'Hexagone dans les exportations, mais sa propre figure donne 159 M€ sur 330, soit 48 %, cohérent avec les 43 % de l'IEDOM sur un millésime antérieur ; ce document retient la donnée. Ce déficit structurel est financé par les transferts publics et les revenus des ménages, pas par les ventes de l'économie locale : l'IEDOM note que la consommation finale représente 107 % du PIB (79 % en France). Sur la fiscalité qui frappe ces importations à l'entrée, voir le premier document de cette collection, L'octroi de mer décodé.

En regard

Indicateur (2025)GuadeloupeMartiniqueSource
Importations de biens3 901 M€3 440 M€INSEE Conjoncture n°39 (Guadeloupe et Martinique), douane
Exportations de biens330 M€420 M€idem
Taux de couverture8,5 %12,2 %calcul
Solde commercial−3 571 M€−3 020 M€INSEE Conjoncture n°39
Part de l'Hexagone dans les importations60 %61 %INSEE Conjoncture n°39
Part de l'Hexagone dans les exportations48 %40 %INSEE Conjoncture n°39 (figure, non le texte)
Importations depuis l'étranger seul (hors Hexagone et DROM)1 386 M€1 236 M€DGDDI, base régionale 2025, millésime 202607
Exportations vers l'étranger seul49 M€81 M€DGDDI, base régionale 2025, millésime 202607
Premier fournisseur étrangerÉtats-Unis, 32 %États-Unis, puis NorvègeDGDDI, base régionale 2025 ; Martinique : carburants raffinés puis pétrole brut
08

Ce qu'il faut retenir

Forces et fragilités, telles que les nomment les institutions

Ce que les institutions comptent comme des atouts
  • Un tissu qui s'étoffe : +83 % d'unités légales en dix ans, un record de 9 147 créations en 2025, un taux de survie à cinq ans supérieur à la moyenne nationale sur la dernière cohorte publiée (INSEE).
  • Une croissance de long terme jugée supérieure à la moyenne nationale : +5,7 % de PIB en volume entre 2015 et 2024 (INSEE, comptes régionaux) ; l'IEDOM retient sur la décennie un rythme annuel moyen de 2,3 % contre 0,9 % en France (Cerom).
  • Un tourisme « solide » selon l'IEDOM : 2,1 millions de passagers à l'aéroport, croisière en hausse (+3,1 %), 52 hôtels, projets hôteliers annoncés (IEDOM, rapport annuel 2025).
  • Un marché du travail qui « résiste » : taux d'emploi en hausse pour la deuxième année (54 %), demandeurs d'emploi de catégorie A en recul, écart d'emploi entre femmes et hommes comblé (IEDOM, INSEE).
  • Un climat des affaires au-dessus de sa moyenne de long terme, des délais de paiement en amélioration et des projets structurants (port de Jarry, plan eau 2024-2027 de 320 M€) (IEDOM).
Ce qu'elles pointent comme des fragilités
  • Une conjoncture qui « se dégrade » en 2025 : −0,5 % de PIB en volume (Cerom), emploi salarié −0,6 %, construction −5,2 % (INSEE).
  • Une population qui baisse et vieillit : −3,7 % d'habitants depuis 2015, part des 65 ans et plus passée de 16,4 à 24,2 %, départs des jeunes actifs (INSEE, IEDOM).
  • Des défaillances presque doublées en trois ans : +44 % en 2025, BTP « en retrait » face à une commande publique en baisse depuis 2022 (IEDOM, IEOM).
  • Une dépendance aux importations et à la sphère publique : taux de couverture de 8,5 %, 37 % de la valeur ajoutée dans les services non marchands, un tiers des postes chez des employeurs publics, consommation finale à 107 % du PIB (INSEE, douane, IEDOM). L'IEDOM juge que la majoration des traitements publics crée « un déséquilibre structurel entre secteur public et secteur privé ».
  • Un chômage « d'abord structurel » à 16,4 %, 28 % chez les jeunes actifs, 34 % de la population sous le seuil de pauvreté national, trois foyers fiscaux sur quatre non imposables (IEDOM, INSEE).
  • Une « crise systémique » de l'eau : 53 % de pertes sur le réseau en 2023, tours d'eau touchant des ressources qui alimentent plus de la moitié de la population, un quart des habitants sans eau tous les jours selon le CESE (IEDOM, Observatoire de l'eau) ; s'y ajoutent les sargasses (15,6 M€ de dépenses pour sept collectivités antillaises contrôlées, chambre régionale des comptes) et le chlordécone (un cinquième de la surface agricole utile).

Trois constats

①Un salariat concentré, un tissu émietté : 38 640 unités légales dont 75 % sans salarié, et 45 % des postes dans 364 établissements de 50 personnes et plus, publics pour l'essentiel ; auto-entrepreneurs multipliés par cinq en cinq ans, mais 39 % sans chiffre d'affaires (sections 01, 05)INSEE SIDE · FLORES · URSSAF
②Une économie de services et de redistribution : 83 % de la valeur ajoutée dans les services, 37 % dans le non-marchand, près d'un emploi sur deux financé par la sphère publique, le commerce pour près de la moitié du chiffre d'affaires — le sucre, le rhum et la banane font le visage, pas le volume (sections 02, 03, 05, 07)COMPTES RÉGIONAUX · ESANE · FLORES
③Une dynamique en tension : créations au plus haut, défaillances presque doublées ; chômage en baisse dans une population qui se réduit, avec un taux d'emploi quinze points sous l'Hexagone ; et une crise de l'eau qui pèse sur les services publics et les entreprises (sections 04, 06, 08)INSEE · IEDOM · CESE

L'idée reçue face aux chiffres

L'idée reçueCe que montrent les chiffres vérifiés
« En Guadeloupe, tout le monde est fonctionnaire »40 238 postes chez des employeurs publics, soit 31,6 % des salariés — davantage qu'ailleurs (environ 100 agents pour 1 000 habitants contre 81), mais plus des deux tiers du salariat restent privés (section 05)
« Rien ne se crée ici »9 147 créations d'entreprises en 2025, un record, +83 % d'unités légales en dix ans ; la question n'est pas le nombre mais la taille : 75 % n'ont aucun salarié (sections 01, 04)
« Tout le monde crée sa boîte, et elle ferme dans l'année »18 créations pour une défaillance, et 64,5 % de survie à cinq ans, au-dessus de la moyenne nationale — mais mesuré sur une cohorte de 2014 hors micro-entrepreneurs ; pour les micro, 39 % ne déclarent aucun chiffre d'affaires (sections 04, 05)
« La Guadeloupe vit de la canne et de la banane »Agriculture 1,8 % et industrie 10,5 % de la valeur ajoutée. Sucre, rhum et banane font le visage des exportations, pas le volume de l'économie, qui est à 83 % dans les services (sections 02, 03)
« Le tourisme, c'est 8 % du PIB »Le « 7,8 % du PIB » vient d'une estimation privée reprise par l'IEDOM, pas de l'INSEE. Ce que la statistique publique mesure : 6 100 salariés dans l'hébergement-restauration, 4,8 % de l'emploi salarié, et 767 M€ de dépenses des visiteurs (section 03)
« Le chômage baisse, donc ça va mieux »De 23,9 à 16,4 % en onze ans, pendant que la population perdait 3,7 % de ses habitants et que les jeunes partaient : une part de la baisse est démographique ; le taux d'emploi reste à 54 % et le taux remonte à 17,0 % fin 2025 (section 06)
« On importe tout de Chine et des États-Unis »60 % des importations viennent de l'Hexagone ; les États-Unis (11,5 %) comptent surtout pour les carburants, la Chine pèse 3,8 % (section 07)
« L'eau manque en Guadeloupe »La ressource est de 7 000 m³ par habitant et par an, plus de deux fois l'Hexagone, et la production dépasse trois fois les besoins ; mais 53 % de l'eau produite est perdue dans le réseau (2023) et les tours d'eau touchent les ressources de plus de la moitié de la population (section 08)
« La Guadeloupe est bien plus pauvre que la Martinique »Taux de pauvreté 34 % contre 33 %, niveau de vie médian 1 310 € contre 1 360 €, salaire privé 2 361 € contre 2 386 € : l'écart est ailleurs — trois points de chômage en plus, mais une population plus jeune et qui baisse plus lentement (sections 05, 06)

Ce portrait ne tranche pas entre déclin et dynamisme, mais les données de la Guadeloupe racontent un mouvement plus net que celles de la Martinique. Sur dix ans, l'économie a mieux tenu : plus de croissance en volume, une population qui recule plus lentement (−3,7 % entre 2015 et 2025, contre −5,6 % en Martinique sur la même source), des entreprises plus souvent employeuses, des créations sans à-coup. Sur les deux dernières années, elle se retourne : recul du PIB en volume en 2025 selon les comptes rapides, défaillances presque doublées depuis 2022, sucre au plus bas depuis vingt ans, nuitées hôtelières en baisse. Ce que le portrait établit, c'est la structure qui traverse ces cycles, une économie de services financée par la sphère publique et les transferts, exportant peu, où l'initiative individuelle abonde et où l'emploi privé reste fragile, et ce qui la distingue de sa voisine : un tissu d'entreprises proche de la norme nationale, un chômage plus élevé de trois points, et un service essentiel, l'eau, dont la défaillance pèse sur toute l'économie. Chaque politique économique locale part de là.

+

À propos de ce document : qui l'a fait, et comment

Origine

Ce document a été réalisé le 19 septembre 2026, avec un assistant d'intelligence artificielle pour la recherche des sources, la rédaction et les graphiques, sous la direction éditoriale de son auteur, qui a vérifié les chiffres à la source, relu et corrigé le texte, en assume la responsabilité et a fixé la ligne : neutralité, objectivité, pédagogie. Il reprend, section par section, le moule du portrait martiniquais de la même collection, De quoi vit la Martinique ?, dont les chiffres sont repris tels que publiés dans les tableaux « En regard ». Ce n'est pas un document officiel : il n'émane ni de l'INSEE, ni de l'IEDOM, ni d'aucune administration. Les jugements qui y figurent sont attribués à leurs auteurs ; les calculs originaux (parts, ratios, évolutions) sont signalés et reproductibles à partir des sources citées.

Limites à connaître

  • Les millésimes sont hétérogènes : stock d'entreprises, PIB et emploi 2024 ; créations, défaillances, chômage et commerce extérieur 2025 ; chiffre d'affaires 2023 ; survie 2014-2019 ; pauvreté 2017. Chaque chiffre porte son année.
  • Deux périmètres géographiques coexistent : les comptes régionaux de l'INSEE (PIB, valeur ajoutée, emploi total) incluent Saint-Martin, et les annonces du BODACC couvrent le département 971 avec les îles du Nord ; toutes les autres sources (Flores, Urssaf, Siasp, chômage, population, Esane, Agreste) portent sur la Guadeloupe seule. Aucun ratio ne mélange un numérateur d'un périmètre et un dénominateur de l'autre.
  • La série de population des comptes régionaux subit une rupture en 2017 (ajout de Saint-Martin) : les évolutions de population et de PIB par habitant sur dix ans utilisent les estimations de population de l'INSEE, hors îles du Nord. La série d'emploi des mêmes comptes subit une rupture en 2021 (non-salariés) : l'évolution 2015-2024 est donnée sur les seuls salariés.
  • Le PIB 2022-2024 est provisoire ; les défaillances publiées par l'IEDOM sont révisées à la hausse d'une édition à l'autre sans que le rapport le signale : les valeurs retenues sont celles de la dernière note trimestrielle, et l'édition est indiquée à chaque fois.
  • Trois périmètres d'emploi coexistent (comptes régionaux 128 900 salariés y compris Saint-Martin, Flores 127 418 postes, estimations d'emploi 128 430 fin 2025) : ils ne se comparent pas entre eux.
  • Le chiffre d'affaires exclut l'agriculture, la finance, les micro-entrepreneurs et les entreprises dont le siège est hors Guadeloupe.
  • Les rapports de l'IEDOM ont été lus à partir de transcriptions de leurs PDF ; les numéros de page cités sont ceux imprimés et peuvent différer de la pagination du fichier. Le nombre d'entreprises artisanales de la chambre de métiers, l'emploi touristique total et le nombre de planteurs de banane n'ont pas été trouvés dans les sources publiques en ligne et ne sont donc pas cités.
  • Les textes préparés avec un assistant IA peuvent contenir des erreurs ou des simplifications, malgré la relecture critique dont ce document a fait l'objet.

Comment il a été construit — les 5 étapes

  • ① Collecte des sources primaires : API de diffusion de l'INSEE (Melodi : stocks d'entreprises, créations par catégorie juridique, comptes régionaux, estimations de population, Flores, base Tous salariés, recensement), rapports annuels 2017 à 2025 de l'IEDOM Guadeloupe et notes IEOM sur les défaillances, comptes rapides du Cerom 2025, Insee Flash Guadeloupe n°225 (Esane 2023), Insee Conjoncture Guadeloupe n°39 (bilan 2025), Insee Analyses Martinique n°57 (survie à cinq ans, figure régionale), Insee Première n°1804, effectifs de la fonction publique par versant (Siasp), base régionale du commerce extérieur de la douane, open data de l'URSSAF, annonces du BODACC via son API, recensement agricole 2020 (Agreste), données de l'assurance maladie et de la Dares.
  • ② Recoupement : chaque série de l'API INSEE a été confrontée au « Dossier complet » du département sur insee.fr et aux chiffres repris par l'IEDOM ; les défaillances FIBEN ont été confrontées au comptage BODACC (écart de 2,6 % en 2025, 11 % en 2024) ; les parts de valeur ajoutée Melodi au graphique du rapport IEDOM ; chaque chiffre martiniquais des tableaux « En regard » au document publié.
  • ③ Analyses originales : parts et évolutions (stock +83 %, volume +5,7 %, population −3,7 %), moyennes annuelles des taux de chômage trimestriels, comptage annuel des annonces BODACC par nature de jugement et par périmètre (avec et sans les îles du Nord), ratio créations/défaillances, part des salariés par taille d'établissement, agents publics pour 1 000 habitants, estimation des emplois financés par la sphère publique.
  • ④ Étiquetage des limites : millésimes et périmètres indiqués sous chaque chiffre, mention « y compris Saint-Martin » sur les tuiles concernées, ruptures de série signalées, chiffres non officiels écartés (« 7,8 % du PIB » touristique, chiffre d'affaires des groupes), coquille de source signalée et arbitrée dans le corps du texte (part de l'Hexagone dans les exportations : 28 % dans le texte de la publication contre 48 % calculés sur sa propre figure, section 07), chiffres introuvables déclarés comme tels.
  • ⑤ Contrôle de neutralité : forces et fragilités présentées en deux panneaux attribués, tableau des idées reçues confronté aux seuls chiffres vérifiés, aucune personne nommée, aucune recommandation.

Citer ce dossier

Mondésir, Jean-Christophe. De quoi vit la Guadeloupe ?. Décryptaj', collection Analyse indépendante, édition 2026-09. https://decryptaj.com/tissu-guadeloupe/

Édition 2026-09, publiée le . Le contenu de cette page ne change qu'avec une nouvelle édition, signalée par un erratum ci-dessous : citez l'adresse et l'édition.

Contenu publié sous licence CC BY 4.0 : reprise et adaptation libres avec attribution.

↑