Note   Martinique · Guadeloupe · Éducation · Résultats et moyens Une question, des bases, ce qu'elles disent, ce qu'elles ne disent pas

Du CM2 au bac : où en sont les élèves des Antilles, et avec quels moyens

Des lycéens de Martinique et de Guadeloupe demandent plus de moyens. Cette note regarde d'abord où en sont les élèves : les évaluations nationales, puis le baccalauréat. Elle passe ensuite aux établissements, aux enseignants, aux heures de cours, et à ce que les collectivités versent et investissent. Ce que ces chiffres mesurent, et ce qu'ils ne mesurent pas.

Méthode Chiffres issus des sources publiques citées, vérifiés par l'auteur. Méthode, transparence et limites en fin de note →

Sommaire · 9 sections
  1. La question, et les bases qui y répondent
  2. Le niveau des élèves : les évaluations nationales
  3. La réussite au baccalauréat
  4. L'encadrement : établissements, élèves, enseignants
  5. Ce que l'État finance : les heures d'enseignement
  6. Ce que les collectivités versent : dotations et investissement
  7. Ce que les bases ne disent pas
  8. Ce qu'il faut retenir
  9. À propos de cette note
01

La question, et les bases qui y répondent

Le 2 octobre 2026, selon La 1ère, des lycéens ont manifesté et tenté de bloquer leurs établissements en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte. Selon les revendications rapportées par la presse, ils dénoncent l'absence d'enseignants, le manque de moyens, la chaleur dans les salles et la longueur des journées. Cette note ne juge pas ces revendications. Elle pose deux questions, dans cet ordre : où en sont les élèves de Martinique et de Guadeloupe, et quels moyens l'école publique y reçoit-elle ?

Pour la première, le ministère de l'Éducation nationale publie les résultats des évaluations nationales et du baccalauréat par académie. Pour la seconde, deux financeurs se partagent la réponse. L'État paie les enseignants : le ministère publie, établissement par établissement, les personnels, les heures d'enseignement qu'il finance et la taille des groupes d'élèves. Les collectivités paient les bâtiments, leur entretien et le fonctionnement courant : en Martinique, la Collectivité territoriale pour les collèges et les lycées ; en Guadeloupe, le Département pour les collèges et la Région pour les lycées. Leurs comptes, publiés par la direction générale des finances publiques (DGFiP), sont classés par fonction, ce qui permet d'isoler ce qui va aux établissements.

26e/30rang de la Martinique sur 30 académies en français à l'entrée en sixième en 2025, 27e en mathématiques ; la Guadeloupe est 28e dans les deux disciplinesMINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE · ÉVALUATIONS 2025
97,1 %de réussite au baccalauréat général en Martinique en 2025, au-dessus de l'ensemble des académies (96,2 %), mais 77,2 % au baccalauréat professionnel, 28e rang sur 30MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE · SESSION 2025
1,71heure d'enseignement financée par élève et par semaine dans le second degré public de Martinique à la rentrée 2025, le niveau le plus élevé des 30 académies ; 1,60 en Guadeloupe, 1,37 pour l'ensemble des académiesMINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE · INDICATEUR H/E
36 M€investis par la Collectivité de Martinique dans ses collèges et lycées en 2025, contre 62 M€ en 2023 ; 59 M€ en Guadeloupe en 2025, contre 63 M€DGFiP · BALANCES 2023-2025
02

Le niveau des élèves : les évaluations nationales

Le ministère mesure chaque rentrée ce que les élèves savent par des évaluations nationales, passées en septembre par tous les élèves d'un même niveau, dans le public et le privé sous contrat. À la rentrée 2025, la Martinique et la Guadeloupe se classent dans le bas du tableau des 30 académies, en CM2 comme en sixième, en français comme en mathématiques.

Français à l'entrée en sixième : le score moyen des 30 académies en 2025
Évaluations nationales de septembre 2025, public et privé sous contrat. Chaque ligne est une académie, de la mieux classée à la moins bien classée ; le score figure à droite. Le trait vertical marque le score national. L'axe commence à 180 points.
MartiniqueGuadeloupeAutres académies
Évaluations nationales, 2025MartiniqueGuadeloupeAcadémie médiane
Sixième, français, score moyen244238255
Sixième, mathématiques, score moyen233231254
CM2, comprendre un texte lu seul49,2 %41,5 %56,0 %
CM2, résoudre des problèmes34,1 %28,3 %51,3 %

Lecture : en sixième, le score moyen de français est de 244 en Martinique, ce qui la place au 26e rang des 30 académies ; la Guadeloupe est 28e. En mathématiques, elles sont 27e et 28e. En CM2, les pourcentages sont des taux de maîtrise : la part des élèves dont la maîtrise est jugée satisfaisante par le ministère. « Résoudre des problèmes » est la compétence où l'écart de la Martinique à la médiane est le plus grand (17 points) ; « comprendre un texte lu seul » est l'une de celles où il est le plus faible (7 points). « Académie médiane » : celle qui a autant d'académies au-dessus qu'en dessous d'elle, calcul de l'auteur. Académie de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy compris.

En CM2, la Martinique se classe entre le 25e et le 27e rang sur 30 pour quinze des seize compétences évaluées ; la seule exception est la mémorisation des faits numériques, où elle est quatrième. Elle devance la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte, et reste derrière toutes les académies de l'Hexagone pour quatorze des seize compétences ; en sixième, elle est derrière toutes. Ces évaluations mesurent les acquis de l'école primaire ; elles ne disent pas pourquoi les écarts existent. Le même jeu de données indique un indice de position sociale moyen des collèges de 100,9 en Martinique et de 96,4 en Guadeloupe, contre 106,2 au niveau national.

De la sixième à la seconde, presque le même rang

Le ministère évalue aussi les élèves à l'entrée en quatrième et en seconde. Le classement des deux académies y est presque identique à celui de la sixième : la Martinique entre le 25e et le 27e rang sur 30, la Guadeloupe au 27e ou au 28e. Ce n'est pas nouveau : en sixième, la Martinique était déjà 26e ou 27e en 2017, en 2018 et en 2019.

Score moyen et rang, 2025MartiniqueGuadeloupeNational
Sixième, français244 · 26e238 · 28e256
Sixième, mathématiques233 · 27e231 · 28e254
Quatrième, français233 · 26e228 · 28e247
Quatrième, mathématiques227 · 27e222 · 28e250
Seconde générale et technologique, français252 · 27e248 · 28e263
Seconde générale et technologique, mathématiques234 · 27e230 · 28e261
Seconde professionnelle, français201 · 25e197 · 27e209
Seconde professionnelle, mathématiques183 · 27e182 · 28e202

Lecture : à l'entrée en quatrième, le score moyen de français est de 233 en Martinique, au 26e rang des 30 académies, contre 247 au niveau national. La note ne compare pas les scores d'un niveau à l'autre : la documentation des jeux ne dit pas qu'ils sont sur la même échelle, et les scores nationaux diffèrent (256 en sixième, 247 en quatrième, 263 et 209 en seconde, en français). « National » : ligne publiée par le ministère. Académie de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy compris.

03

La réussite au baccalauréat

À la session 2025, 89,6 % des candidats présents ont obtenu le baccalauréat en Martinique et 90,6 % en Guadeloupe, contre 91,6 % en France. L'écart d'ensemble est de deux points en Martinique (25e rang sur 30) et d'un point en Guadeloupe (22e) ; il recouvre trois situations différentes selon la voie. En Martinique, la réussite est supérieure à celle de l'ensemble des académies dans les voies générale et technologique, et parmi les plus basses dans la voie professionnelle.

Réussite au baccalauréat 2025, par voie
Admis rapportés aux candidats présents, en %. Académie de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy compris.
MartiniqueGuadeloupeFrance
Taux de réussite, session 2025MartiniqueGuadeloupeFrance
Baccalauréat général97,1 %94,8 %96,2 %
Baccalauréat technologique94,5 %92,0 %90,9 %
Baccalauréat professionnel77,2 %83,8 %83,9 %
Toutes voies89,6 %90,6 %91,6 %

Lecture : en Martinique, 97,1 % des candidats présents au baccalauréat général ont été admis, le 5e taux des 30 académies ; 94,5 % au baccalauréat technologique, le 3e ; 77,2 % au baccalauréat professionnel, le 28e. Au baccalauréat général, les écarts entre académies sont faibles : de la 5e à la 18e place, les taux vont de 97,1 % à 96,5 % ; la Martinique était 16e en 2024. Admis rapportés aux présents, tous candidats confondus : établissements publics et privés, apprentis et candidats individuels, sessions de juin et de septembre ; 4 142 présents en Martinique, 5 580 dans l'académie de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy compris. « France » : somme des 30 académies, calcul de l'auteur.

Une réussite qui passe plus souvent par le rattrapage, avec moins de mentions

Le taux de réussite final additionne les candidats admis dès le premier groupe d'épreuves et ceux qui le sont après les oraux du second groupe, dits de rattrapage. Aux Antilles, la part des admis du premier coup est plus faible qu'ailleurs, et celle des mentions aussi.

Session 2025, toutes voiesMartiniqueGuadeloupeFrance
Admis dès le premier groupe79,6 %79,4 %85,8 %
Admis au total89,6 %90,6 %91,6 %
Mentions bien ou très bien, parmi les admis23,9 %23,3 %30,9 %

Lecture : en Martinique, 79,6 % des candidats présents sont admis dès le premier groupe d'épreuves, le 26e taux des 30 académies ; dix points de plus le sont après le second groupe. Au baccalauréat général, la Martinique passe ainsi de 88,1 % d'admis au premier groupe (26e rang) à 97,1 % au total (5e rang). Près d'un admis sur quatre obtient une mention bien ou très bien, contre près d'un sur trois en France.

Part des bacheliers admis au second groupe, 2025MartiniqueGuadeloupeFrance
Baccalauréat général9,3 %11,4 %5,5 %
Baccalauréat technologique20,8 %23,1 %12,4 %
Baccalauréat professionnel7,2 %6,8 %3,6 %
Toutes voies11,2 %12,3 %6,4 %

Lecture : en Martinique, 415 des 3 713 bacheliers de 2025 ont été admis à l'issue du second groupe d'épreuves, soit 11,2 %, contre 6,4 % en France. Au baccalauréat technologique, c'est un bachelier sur cinq. Admis à l'issue du second groupe rapportés aux admis totaux, calcul de l'auteur.

Un taux de réussite élevé au baccalauréat général, un rang bas en sixième

Les deux constats portent sur des mesures et des élèves différents. Le taux de réussite compte les candidats qui obtiennent le diplôme ; au baccalauréat général, il dépasse 94 % dans 27 académies sur 30, et quatorze d'entre elles, de la 5e à la 18e place, tiennent en 0,6 point. D'autres indicateurs du même examen placent la Martinique plus bas : 26e pour les admis dès le premier groupe, 26e aussi pour les mentions très bien, obtenues par 10,7 % des bacheliers généraux contre 13,8 % en France. Le baccalauréat général ne concerne en outre qu'une partie des candidats : 44,7 % en Martinique, contre 51,5 % en France, quand la voie professionnelle en réunit 34,7 %, contre 28,4 %. Enfin, un élève qui n'a pas redoublé et passe le baccalauréat en 2025 est entré en sixième en 2018 : la Martinique y était alors 27e sur 30 en français comme en mathématiques. Les données ne suivent pas les mêmes élèves d'une évaluation à l'examen.

04

L'encadrement : établissements, élèves, enseignants

À la rentrée 2025, l'enseignement public compte en Martinique 214 écoles, 43 collèges et 23 lycées, pour 53 500 élèves environ ; en Guadeloupe, 248 écoles, 42 collèges et 23 lycées, pour 64 000 élèves environ. Les deux territoires ont presque le même nombre de collèges et de lycées, alors que la Guadeloupe scolarise 6 000 élèves de plus dans le second degré.

Secteur public, rentrée 2025MartiniqueGuadeloupe
Écoles214248
Élèves des écoles26 63431 180
Collèges4342
Lycées2323
Élèves des collèges et lycées26 83632 792
dont collège12 26816 118
dont lycée général et technologique6 5688 978
dont lycée professionnel4 8714 800

Lecture : la Martinique compte 23 lycées publics de l'Éducation nationale pour 11 439 lycéens des voies générale, technologique et professionnelle ; la Guadeloupe, 23 lycées pour 13 778. Guadeloupe hors Saint-Martin et Saint-Barthélemy, écoles comprises. Le total des collèges et lycées comprend aussi les sections d'enseignement adapté (Segpa), les sections de techniciens supérieurs et les classes préparatoires. Lycées relevant de l'Éducation nationale, hors lycées agricoles ; avec les deux lycées agricoles, on retrouve les 68 établissements annoncés par la Collectivité de Martinique.

Des établissements plus petits qu'ailleurs

Un collège ou un lycée public de Martinique accueille en moyenne 406 élèves, contre 512 en Guadeloupe et 596 en France. Quatre établissements martiniquais sur dix ont moins de 300 élèves ; c'est un sur six en France. Le ministère le signale dans la documentation de ses indicateurs : plus un établissement est petit, plus le nombre d'heures par élève y est élevé.

Collèges et lycées publics, 2025MartiniqueGuadeloupeFrance
Élèves par établissement, moyenne406512596
Établissements de moins de 300 élèves41 %36 %16 %
Part des élèves en lycée professionnel18,2 %14,6 %11,4 %
Élèves par école124126126

Lecture : 27 des 66 collèges et lycées publics de Martinique recensés par le ministère ont moins de 300 élèves. Le jeu de données du ministère compte 66 établissements en Martinique et 64 en Guadeloupe ; il ne couvre ni les lycées agricoles ni le micro-lycée de Guadeloupe. Calculs de l'auteur.

Les enseignants : plus nombreux par élève, et plus âgés

L'enseignement public de Martinique emploie environ 4 300 enseignants en équivalent temps plein : 1 684 dans les écoles à la rentrée 2025, 2 629 dans les collèges et lycées à la rentrée 2024, dernière année publiée. Rapporté aux élèves, c'est davantage qu'en Guadeloupe et qu'en France. Le corps enseignant y est aussi plus âgé : plus d'un enseignant du second degré sur deux a 50 ans ou plus, et un sur quinze a moins de 35 ans, contre un sur six en France.

Écoles publiques, 2025MartiniqueGuadeloupeFrance
Enseignants1 6841 752277 148
Classes1 5621 641259 658
Élèves par enseignant15,817,819,4
Collèges et lycées publics, 2024MartiniqueGuadeloupeFrance
Enseignants2 6293 006355 632
Élèves par enseignant10,511,313,1
Enseignants de 50 ans ou plus52,5 %51,0 %42,5 %
Enseignants de moins de 35 ans6,9 %8,7 %16,9 %
Enseignants non titulaires10,9 %7,5 %8,8 %
Personnels de vie scolaire47647659 807

Lecture : les écoles publiques comptent 15,8 élèves pour un enseignant en équivalent temps plein en Martinique, 19,4 en France. Ce n'est pas la taille des classes (section 05) : tous les enseignants affectés dans une école n'ont pas une classe. Effectifs en équivalent temps plein, et non en nombre de personnes : un enseignant à mi-temps compte pour 0,5. Guadeloupe hors Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Le nombre de classes n'est publié que pour les écoles ; dans le second degré, où les élèves changent de groupe selon les matières, le ministère publie la taille moyenne des groupes (section 05). Calculs de l'auteur.

Moins d'élèves chaque année, autant d'établissements

Entre les rentrées 2023 et 2025, les écoles publiques ont perdu 3,7 % de leurs élèves en Martinique et 3,4 % en Guadeloupe, contre 3,1 % en France ; les collèges et lycées, 5,4 % et 6,0 % (Guadeloupe hors Saint-Martin et Saint-Barthélemy), contre 0,6 %. Le nombre d'écoles a peu bougé : 217 puis 214 en Martinique, 253 puis 248 en Guadeloupe. L'enseignement privé sous contrat scolarise par ailleurs 4 482 collégiens et lycéens en Martinique et 4 408 en Guadeloupe, soit 14 % et 12 % du total, contre 21 % en France.

05

Ce que l'État finance : les heures d'enseignement

Plus d'heures par élève que dans toute autre académie

Le ministère mesure les moyens d'enseignement par deux indicateurs. Le premier, noté H/E, rapporte les heures d'enseignement hebdomadaires qu'il finance au nombre d'élèves : un H/E de 1,5 signifie 150 heures par semaine pour 100 élèves. Le second, noté E/S, donne le nombre moyen d'élèves devant un enseignant pendant une heure de cours : c'est la taille réelle des groupes. À la rentrée 2025, la Martinique a le H/E le plus élevé des 30 académies et le E/S le plus bas, à égalité avec la Guyane. La Guadeloupe est troisième pour les heures par élève.

Heures d'enseignement par élève dans les collèges et lycées publics : les 30 académies à la rentrée 2025
Indicateur H/E du ministère : heures d'enseignement hebdomadaires financées, rapportées au nombre d'élèves. Le trait vertical marque l'ensemble des 30 académies (1,37).
MartiniqueGuadeloupeAutres académies
Second degré public, rentrée 2025Heures par élèveÉlèves par groupe
Martinique1,7117,7
Guyane1,6517,7
Guadeloupe1,6019,6
Corse1,5419,1
La Réunion1,4919,7
Ensemble des 30 académies1,3721,2
Versailles1,2822,3

Lecture : pour 100 élèves, le ministère finance 171 heures d'enseignement par semaine en Martinique, 160 en Guadeloupe et 137 en moyenne dans les 30 académies. L'académie de Guadeloupe comprend Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels, sections de techniciens supérieurs et classes préparatoires confondus. La ligne « Ensemble » est la somme des totaux académiques, calcul de l'auteur.

L'écart se retrouve au collège comme au lycée

Le ministère prévient que le H/E monte quand les établissements sont petits et quand la voie professionnelle pèse lourd, ce qui est le cas aux Antilles (section 04). La comparaison niveau par niveau écarte le second effet, pas le premier : l'avance des deux académies se retrouve au collège, au lycée général et technologique et au lycée professionnel.

Heures par élève, 2025MartiniqueGuadeloupeFrance
Collège1,381,331,20
Lycée général et technologique1,571,481,25
Lycée professionnel2,442,412,13
Élèves par groupe, 2025MartiniqueGuadeloupeFrance
Collège20,522,222,9
Lycée général et technologique20,121,824,0
Lycée professionnel13,514,515,2

Lecture : dans un lycée général et technologique de Martinique, un cours réunit en moyenne 20,1 élèves, contre 24,0 en France. « France » : tous les établissements publics du jeu de données, outre-mer compris, calcul de l'auteur.

Moins d'heures qu'en 2023, mais des élèves qui partent plus vite

Les heures financées baissent dans les deux académies. Elles baissent moins vite que le nombre d'élèves, ce qui explique que le ratio par élève continue de monter.

Second degré public20232025Évolution
Martinique, élèves28 35426 836− 5,4 %
Martinique, heures par semaine47 86046 009− 3,9 %
Académie de Guadeloupe, élèves38 86836 574− 5,9 %
Académie de Guadeloupe, heures par semaine60 99358 696− 3,8 %

Lecture : en deux rentrées, les collèges et lycées publics de Martinique ont perdu 1 518 élèves et 1 851 heures d'enseignement hebdomadaires. Académie de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy compris ; hors ces deux îles, la baisse des élèves est de 6,0 % (section 04). Un établissement peut donc perdre des heures alors que la moyenne par élève augmente.

Dans les écoles, des classes plus petites aussi

Le même constat vaut pour le premier degré. En octobre 2025, une classe élémentaire compte en moyenne 17,8 élèves en Martinique et 19,4 en Guadeloupe, contre 21,1 en France ; en maternelle, 18,1 et 19,6 contre 21,7.

06

Ce que les collectivités versent : dotations et investissement

Des dotations plus élevées en Martinique

Les collectivités versent chaque année aux établissements de quoi payer l'eau, l'électricité, l'entretien courant et les fournitures. Dans les comptes, les dotations de fonctionnement des collèges publics et des lycées publics ont chacune leur ligne (comptes 655111 et 655121). Rapportées au nombre d'élèves du public, elles sont nettement plus élevées en Martinique qu'en Guadeloupe sur les trois derniers exercices.

Dotations aux collèges et lycées publics202320242025
Martinique, M€14,114,518,0
Guadeloupe, M€10,410,610,7
Martinique, par élève498 €526 €670 €
Guadeloupe, par élève298 €313 €327 €

Lecture : en 2025, la Collectivité de Martinique a versé 18,0 M€ à ses collèges et lycées publics, soit 670 € par élève ; le Département et la Région de Guadeloupe, 10,7 M€ à eux deux, soit 327 €. Les dotations aux établissements privés sous contrat et les subventions spécifiques ne sont pas comptées. Élèves : second degré public à la rentrée de l'année, hors Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour la Guadeloupe, dont les établissements ne relèvent ni du Département ni de la Région. Calculs de l'auteur.

Un investissement en baisse en Martinique, stable en Guadeloupe

L'investissement couvre la construction, les grosses réparations et l'équipement des établissements. C'est le poste qui finance les bâtiments. En Martinique, il a reculé de 62,2 M€ en 2023 à 35,7 M€ en 2025. En Guadeloupe, il est resté autour de 60 M€. Sur trois ans, la Collectivité de Martinique a investi 137 M€ dans ses collèges et lycées ; le Département et la Région de Guadeloupe, 186 M€.

Investissement des collectivités dans les collèges et lycées, 2023-2025
En millions d'euros. Martinique : Collectivité territoriale. Guadeloupe : Département et Région réunis.
MartiniqueGuadeloupe
Investissement, collèges et lycées202320242025
Martinique, M€62,239,135,7
Guadeloupe, M€62,964,258,6
Martinique, par élève2 194 €1 417 €1 332 €
Guadeloupe, par élève1 801 €1 896 €1 787 €

Lecture : en 2023, la Martinique investissait davantage par élève que la Guadeloupe (2 194 € contre 1 801 €) ; en 2025, c'est l'inverse (1 332 € contre 1 787 €). Dépenses nettes des comptes de classe 2, fonctions collèges, lycées publics et cités scolaires : travaux, équipements, études et subventions d'équipement. Élèves de Guadeloupe hors Saint-Martin et Saint-Barthélemy. En Guadeloupe, la répartition change d'une année à l'autre : 42,7 M€ pour les lycées en 2023, 11,0 M€ en 2025 ; 20,2 M€ pour les collèges en 2023, 47,5 M€ en 2025.

La décision du 25 septembre 2026

La dotation de fonctionnement des 68 établissements de Martinique baisse de 19 % en 2027

Une semaine avant la journée du 2 octobre, l'Assemblée de Martinique a fixé la dotation globale de fonctionnement des collèges et lycées pour 2027. D'après les montants présentés en séance publique, elle passe de 17 048 775 € en 2026 à 13 809 509 €, soit 3,2 M€ de moins. La baisse n'est pas uniforme : elle est modulée selon la trésorerie de chaque établissement. Le président du conseil exécutif a indiqué pendant le débat que ceux dont la réserve couvre moins de 60 jours de fonctionnement ne sont pas touchés.

Dotation 2026
17,0 M€
soit environ 635 € par élève du public, sur la base des effectifs de la rentrée 2025
Dotation 2027
13,8 M€
soit environ 515 € par élève à effectif constant, un niveau qui reste supérieur aux dotations versées par élève en Guadeloupe en 2025 (327 €)

Les revendications rapportées le 2 octobre ne mentionnent pas cette décision, et le mouvement touche aussi des territoires où elle ne s'applique pas. La note constate les deux faits sans établir de lien entre eux.

07

Ce que les bases ne disent pas

Sur les mesures
  • Des heures financées, pas des heures assurées. Le H/E compte les heures que le ministère affecte à un établissement. Un cours qui n'a pas lieu parce que l'enseignant est absent, ou parce que le poste n'est pas pourvu, n'en sort pas. Le ministère a publié un taux de remplacement pour 2022-2023 (98,4 % en Martinique, 94,9 % en Guadeloupe dans le second degré), mais il ne porte que sur les absences de quinze jours et plus : les absences courtes ne sont mesurées dans aucun jeu de données ouvert.
  • Une moyenne d'académie n'est pas un établissement. Un lycée de 1 200 élèves et un collège de 200 n'ont pas le même ratio. Le ministère indique lui-même que les petits établissements font monter le H/E ; la comparaison par niveau corrige le poids de la voie professionnelle, pas la taille des établissements.
  • Les dotations ne sont pas le coût complet. Les agents techniques des collèges et des lycées sont payés par les collectivités. La Région Guadeloupe les classe dans la fonction « lycées » (28,9 M€ en 2025) et le Département dans la fonction « collèges » (12,0 M€) ; la Collectivité de Martinique n'y inscrit aucune charge de personnel. La comparaison s'arrête donc aux dotations et à l'investissement.
  • Un investissement n'est pas un état des lieux. Une année haute peut correspondre à un seul chantier. Les comptes disent combien a été dépensé, pas dans quels établissements ni pour quels travaux.
Sur ce qu'elles ne mesurent pas
  • La chaleur. Aucune donnée publique ne recense les salles climatisées, ventilées ou ombragées, ni les températures relevées en classe.
  • L'état des bâtiments. Ni l'âge, ni les diagnostics, ni les besoins de travaux des collèges et lycées ne sont publiés dans un jeu de données comparable entre territoires.
  • La journée de l'élève. La durée de la pause de midi et la longueur des journées figurent dans les revendications rapportées par la presse et dans aucun des jeux de données utilisés.
  • La dépense de l'État en euros. Les heures financées en donnent la mesure physique ; le coût par élève des enseignants, majorations de traitement comprises, n'est pas repris ici.
  • Le lien entre moyens et résultats. La note présente les résultats, puis les moyens. Elle n'établit pas de lien de cause entre les deux : les évaluations portent sur les acquis de l'école primaire, le baccalauréat sur les lycéens, et les moyens détaillés ici sont surtout ceux des collèges et des lycées. Elle ne traite ni l'orientation ni le décrochage.
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Ce qu'il faut retenir

À l'entrée en sixième, la Martinique est 26e et la Guadeloupe 28e sur 30 académies en français ; ces évaluations mesurent les acquis de l'école primaire. Au baccalauréat, le tableau est contrasté : la Martinique est au-dessus de l'ensemble des académies pour la réussite aux baccalauréats général et technologique, et parmi les dernières au baccalauréat professionnel, avec moins d'admis dès le premier groupe et moins de mentions qu'ailleurs. Mesurés en heures d'enseignement, les collèges et lycées publics de Martinique sont les mieux dotés des 30 académies par élève, et ceux de Guadeloupe les troisièmes : 1,71 et 1,60 heure par élève, contre 1,37, dans des établissements plus petits qu'ailleurs, 406 élèves en moyenne en Martinique contre 596 en France. Les heures baissent, mais moins vite que le nombre d'élèves. Du côté des collectivités, la Martinique verse plus de dotations par élève que la Guadeloupe, 670 € contre 327 € en 2025, et cela resterait vrai après la baisse de 19 % votée pour 2027. L'investissement de la Collectivité de Martinique dans ses collèges et lycées est en revanche passé de 62 à 36 M€ en deux ans, quand celui de la Guadeloupe restait proche de 60 M€. La note ne relie pas les résultats aux moyens. Ce que les lycéens décrivent, la chaleur, les cours non assurés, la longueur des journées, se situe pour l'essentiel là où les bases publiques ne mesurent rien.

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À propos de cette note

Origine et méthode

Note réalisée du 5 au 7 octobre 2026, après le mouvement lycéen du 2 octobre, avec un assistant d'intelligence artificielle pour la recherche des sources et la rédaction, sous la direction éditoriale de son auteur, qui a vérifié les chiffres à la source, relu et corrigé le texte et en assume la responsabilité. Bases : évaluations nationales de CM2 et de sixième, résultats du baccalauréat, annuaire des établissements, personnels, indicateurs d'encadrement du second degré public et taille des classes du premier degré (ministère de l'Éducation nationale, data.education.gouv.fr) ; balances comptables des collectivités avec présentation croisée par nature et par fonction, 2023 à 2025 (DGFiP, data.economie.gouv.fr). Les totaux nationaux, les montants par élève et les évolutions sont des calculs de l'auteur. Ce n'est pas un document officiel.

Limites

  • Les montants de la dotation 2027 sont ceux présentés en séance publique de l'Assemblée de Martinique le 25 septembre 2026 ; la délibération n'était pas en ligne à la date de la note.
  • Les revendications des lycéens sont citées d'après la presse du 2 octobre 2026 ; la note n'a pas recueilli de témoignage.
  • Le nombre d'élèves utilisé pour les montants par élève est celui du second degré public, étudiants des lycées compris ; les collectivités financent aussi l'enseignement privé sous contrat ; ces dotations, inscrites à des comptes distincts, ne sont pas reprises ici. Pour la Guadeloupe, les élèves de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, rattachés à l'académie mais dont les établissements relèvent de leurs propres collectivités, sont retirés des montants par élève.
  • Les dépenses des communes pour les écoles ne sont pas traitées.
  • Les effectifs d'enseignants du second degré datent de la rentrée 2024, dernière année publiée, et sont rapportés aux élèves de la même rentrée.
  • Les textes préparés avec un assistant IA peuvent contenir des erreurs ou des simplifications, malgré la relecture dont cette note a fait l'objet.

Citer ce dossier

Mondésir, Jean-Christophe. Du CM2 au bac : où en sont les élèves des Antilles, et avec quels moyens. Décryptaj', collection Analyse indépendante, édition 2026-10. https://decryptaj.com/ecole-antilles-resultats-moyens/

Édition 2026-10, publiée le . Le contenu de cette page ne change qu'avec une nouvelle édition, signalée par un erratum ci-dessous : citez l'adresse et l'édition.

Contenu publié sous licence CC BY 4.0 : reprise et adaptation libres avec attribution.

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